Donner une voix au corps du langage, une parole à une oralité qui n’est pas du parlé, un souffle au souffle de la phrase.
D’abord il y a rencontre entre le texte et soi, en silence. Entendre la voix silencieuse du livre, celle qui saisit le corps et sa tête, sonne et résonne, touche et retouche la langue.
Ensuite, peut-être, naîtra le désir d’un partage, de don comme la parole se donne.
Confiance entière sera désormais acquise en ce texte, plus, une croyance en un moment de vérité. Le texte me dira tout. Il me dira comment il respire, comment changer de corps pour à haute voix le lire. Saisie par son souffle, sa musicalité, le mouvement de son verbe, à mon tour, je serai, par lui, respiration, tonalité, énergie, émotion mais aussi silence dans le bruit du texte ; avec une conscience extrême d’être un passeur responsable et respectueux.
Ainsi être lecteur à haute voix relève bien d’une approche particulière, d’une recherche approfondie, en un mot d’une posture.
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